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La carte illustre le fait qu’en principe, comme pour le féminin (carte n° 21010), l’espace valaisan est scindé en deux, avec les parlers orientaux qui possèdent un système bicasuel de l’article défini masculin singulier, et les parlers occidentaux qui neutralisent l’opposition casuelle. La ligne de séparation est identique pour les deux genres. Comme pour le féminin, plusieurs parlers orientaux montrent cependant des signes avant-coureurs d’une confusion des deux cas. Tous les parlers occidentaux ainsi que nos points d’enquête savoyards conservent clairement, dans la morphologie de l’article, les traces de l’ancien système bicasuel. De telles traces sont moins évidentes dans nos deux points d’enquête valdôtains.

Les formes du cas sujet masculin, dans les parlers orientaux, coïncident avec celles du cas sujet féminin (cf. carte n° 21010). Précédés ou non d’un [l] qui peut s’amuïr même dans des parlers qui maintiennent en général le l- prévocalique, elles présentent un important polymorphisme: globalement, le cas sujet est caractérisé par une voyelle qui se situe dans une vaste zone du trapèze vocalique, entre [i], [y], [ə] et [ɛ]; toutes les voyelles situées entre [i] et [ɛ] connaissent également des réalisations centralisées ([], [], [], etc.). Les formes du régime, également précédées ou non d’un [l], se situent dans la zone située entre [u], [ə] et [ɔ]; toutes les voyelles vélaires peuvent également être centralisées ([], [], etc.)«[1]. Dans certains parlers, ces centralisations – et surtout la zone de contact entre le sujet et le régime dans la région du [ə] – sont susceptibles de produire des confusions entre les deux cas. C’est une des raisons qui pourraient expliquer pourquoi le nombre de parlers orientaux maintenant une distinction parfaitement nette des deux cas est plus petite que pour le féminin (six au lieu de huit sur douze)[2].

vocalisme article masculin.png 

Dans les parlers occidentaux, la neutralisation des deux cas est complète, dans le sens que toutes les formes disponibles, de [li] à [lɔ] et de [lu] à [lɛ], sont parfaitement interchangeables; elles apparaissent aussi bien en fonction de sujet que de régime. Les exemples suivants illustrent de quelle manière, au sein d’un même énoncé, les différentes formes peuvent coexister sans la moindre distinction fonctionnelle :

[tɥi il ɑtsˈət pŋ vɛ bɔldʒˈɪ]
Tous ils achètent le pain chez le boulanger. (Les MarécottesF)

bɛ sɪ matˈː - ʏl e t ɑlˈɑ ɕy betdˈɪ saθˈɪ ʁkur pɐskə lɔ ʁkˈʊːʁə - lɛ ɐ la - lɑ sekwˈɔndɑ kɔp dy f ː l mɛtˈɛ zʏ bet- e betdˈɪ -   baʎˈɪvə lø f e lø ʁkʊːr ɑ le vˈaθə - sɪ matˈɛ ɪl et ɑlˈɑɪ saʁθˈɪː ʁkʊʁ sy betdˈɪ
Bien ce matin .. elle est allée en haut au galetas chercher le regain parce que le regain .. c’est à la .. la seconde coupe du foin on le mettait sur le gal.. au galetas .. et on donnait le foin et le regain aux vaches .. ce matin elle est allée chercher le regain sur le galetas. (SixtF)

Ce constat permet de supposer que tous ces parlers – y compris nos deux points d’enquête haut-savoyards – ont connu ce système bicasuel de l’article masculin à une période plus ancienne. Le polymorphisme actuel est sans doute le résultat d’une confusion des deux cas telle qu’elle peut être observée actuellement in statu nascendi dans certains parlers orientaux.

Dans les parlers qui conservent en général le l- prévocalique, les formes de l’article préconsonantique peuvent se réduire à [l]. Dans les dialectes à système bicasuel, cette réduction, peu fréquente, ne s’observe que pour les formes du cas sujet, ce qui élimine le danger d’une neutralisation des deux cas. Dans les parlers à système acasuel du Valais occidental et de la Haute-Savoie, dans le discours rapide, l’emploi de l’article [l] préconsonantique est fréquent.

On observe des signes d’une confusion casuelle plus ou moins avancée dans six parlers orientaux sur douze.

  • Comme pour le féminin, l’informatrice de Miège maintient l’opposition casuelle sans aucune exception: [li] ou [lʏ] pour le sujet, [lʊ], [lo], [l] ou [lɔ] pour le régime. Les réponses du témoin masculin, en revanche, montrent une confusion si avancée qu’il n’est plus possible de parler d’un système bicasuel fonctionnel: les formes morphologiques du sujet qui apparaissent pour le régime et les formes du régime utilisées pour des sujets sont trop fréquentes.
  • À St-Jean, la confusion des deux cas est un peu plus fréquente chez les deux témoins que pour le féminin, avec des formes du sujet utilisées pour le régime et l’inverse, mais les exemples qui maintiennent l’opposition restent encore nettement majoritaires.
  • L’informatrice de Lens maintient l’opposition casuelle au masculin sans exception, alors que pour le féminin, nous avons pu observer une intrusion sporadique de la forme du régime dans la fonction sujet. Le témoin masculin utilise parfois la forme du régime en fonction de sujet; l’inverse n’est pas attesté dans nos matériaux.
  • Les deux témoins de Lourtier n’utilisent jamais les formes du régime masculin ([o], [] ou [ɔ]) pour le sujet, qui est [], [ø], [] ou [œ]. Pour le régime, la confusion des cas semble avoir eu lieu par l’introduction des formes [ø], [], [œ] et [ə] à côté de [o], [] et [ɔ]. Il n’est pas exclu qu’à l’origine, cette perte d’opposition casuelle soit due à l’évolution phonétique esquissée ci-dessus, à savoir une centralisation à «outrance» des formes de l’article sujet [] (> [] > []) et des formes du régime [o]/[ɔ] (> [ö]/[] > [ø]/[œ]). Ce qui parle en faveur ce cette hypothèse, c’est le fait que les parlers de Savièse et de Nendaz, qui conservent une bipartition parfaite des formes casuelles, utilisent également des formes de la série [o, ɔ, , ø, œ, ə] pour le régime.
  • Les parlers de Chalais et d’Hérémence, qui maintiennent une distinction parfaite des deux cas au féminin, montrent plusieurs cas de confusion au masculin. Chez les deux témoins d’Hérémence et l’informatrice de Chalais, cette confusion se fait uniquement par l’emploi de la forme du régime en fonction de sujet; chez le témoin masculin de Chalais, l’inverse (forme du sujet en fonction de régime) est également attesté.

Dans les parlers orientaux qui semblent être sur le point d’abandonner la déclinaison bicasuelle de l’article, il est possible d’observer certains points systémiques particulièrement faibles, des «portes d’entrée» de la confusion casuelle.

Un premier point faible pourrait être constitué par la fonction «attribut du sujet», comme cela s’observe également dans la morphosyntaxe du pronom tonique de la première et de la deuxième personne du singulier (cf. cartes 31010 et 32010). Dans les parlers qui maintiennent une déclinaison bicasuelle intacte, l’attribut du sujet est évidemment précédé de l’article sujet:

[n ɑtsɛtˈɑn pa lɛ bˈɔtɛ - ˈirɛ kɔrdɔɲˈe kʏ lɛ fɑʒˈi]
Nous n’achetions pas les chaussures .. c’était le cordonnier qui les faisait. (MontanaF)
[e ʁɪvjˈeɹə kë travˈɛʁs ɐ nˈɔtʁɐ vælˈeː e e drˈãɮɐ]
La rivière qui traverse la nôtre vallée est la Drance (LourtierM).

Mais :

zɔ dʊ patrˈ j ɛ l ʃɪ dɛsˈambr]
Ah le jour du patron c’est le six décembre. (HeremenceF)

Une deuxième «porte d’entrée» pourrait être constituée par certains syntagmes figés tels que «tout le monde», Ainsi, à Arbaz, où la distinction casuelle est systématique, nous avons relevé une occurrence ponctuelle de [tɔ ɔ mõnd] ‘tout le monde’ en fonction de sujet.

 



[1] Vérification faite, dans les parlers qui distinguent le sujet du régime, cette opposition est de nature purement casuelle. Aucune autre opposition de nature morphosémantique telle que par exemple une distinction animé /v/ inanimé n’est encodée par le système de l’article défini.

[2] Comme le montrent les formes [ø]/[œ] dans les parlers qui amuïssent le l- initial – ainsi que l’emploi de [lø] (et de ses allomorphes) au cas sujet féminin – les formes du type [lø], [lœ], [lə] sont généralement de facture autochtone, même si, évidemment, il est impossible de déterminer avec certitude si certaines formes indivi­duelles ont été influencées par la forme de l’article défini en français.

La morphosyntaxe de l’article défini: les formes préconsonantiques du masculin singulier (systèmes acasuel «occidental» et bicasuel «oriental»)

  parler de   témoin
féminin
témoin
masculin
1 Arbaz sujet ʏɛ ʏeɛ
    régime ʊo oɔ
2 Bionaz   lol l
3 Chalais sujet
    régime
4 Chamoson   oɔl oɔ
5 Conthey   ɔ ɔ
6 Évolène sujet l l
    régime l
7 Fully   ly
ll
llyl
8 Hérémence sujet l
ll
ll
l
    régime lɔ
9 Isérables sujet ɪ ɪ
    régime o ɔ
10 La Chapelle-d’Abondance   ll lul
11 Lens sujet œə
l
    régime ll
12 Les Marécottes  
llᶷl

l
13 Liddes   llol ll
  parler de   témoin
féminin
témoin
masculin
14 Lourtier sujet øœ
    régime øə
o
øœəɔ
15 Miège sujet lyʎʏ lllolll
    régime loll
16 Montana sujet ll l
    régime l
17 Nendaz sujet iɪ iɪ
    régime oɔ oɔø
18 Orsières   ly
l
lyll
19 St-Jean sujet liʏl lyl
    régime llol ł
20 Savièse sujet iɪ iɪ
    régime øœ
uʊoɔ
ø
ʊoɔ
21 Sixt   lol
l
22 Torgnon   lo
23 Troistorrents  
l

lol
24 Val-d’Illiez   lulll lull
25 Vouvry   løl
ll

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Liste des énoncés

1.1 ArbazF:

  • Sujet

ɛ ʃo ʏ pˈeʏvr ʃ ʃʏ a tˈaːblɑ
Le sel* le poivre sont sur la table.
*[ɛ ʃo] ‘le sel’ est un cas sujet féminin.
ʁẽĩnˈɑɹ lɑ pəkˈo dˈɑɔ zəwˈenɐ
Le renard a mangé* deux poules.
*[pəkˈo] ‘mangé’; cf. pec ‘manger’, en parlant du bétail (FB 1960 s.v.).
dy tẽŋ ɛ fydˈɑːɹ ir neɹ pɔ pɔrtˈɔ ɔ brɔ
Autrefois le tablier était noir pour porter le deuil.

  • Régime

k fi tso f əɹzˈɪ ʊ kʊrtˢˈɪ
Quand il fait chaud, il faut arroser le jardin.
dy tẽŋ wɑʒˈẽŋ  mʊwˈĩŋ - mydr o blo
Dans le temps nous allions au moulin .. moudre le blé.

1.2 ArbazM:

  • Sujet

 mːd ɑtstˈɑ ɛ bɔt ẽtʃe ɔ kɔrdɔɲˈɛr - plytˈo ʏr ʏ kɔrdɔɲˈɛr k ʒ fɑbrikˈaːɛ
Les gens achetaient* les chaussures chez le cordonnier .. plutôt c’était le cordonnier que les fabriquait.
*accord grammatical avec monde (‘gens’) au singulier.
e tɑʃˈŋ lɑ fi d mo pe e kurtˈi
Le blaireau a fait des dégâts par les jardins.
btˈalʏ ʃe metˈej ɑ w ɑbrˈi œː ɑː ʃe metˈej ɑ f dy ʃˈɔhe
Le bétail se mettait à l’abri euh .. se mettait au fond de l’abri*.
*[ʃˈɔhe] cf. chotéi s.m. ‘abri sous un arbre’ (FB 1960 s.v.).
ɛ mɑtˈɔŋ ʃe lʏ brøkˈo ɑ tsˈŋmɑ
Le garçon s’est cassé la jambe.

  • Régime

tɔ ɔ mõnd œn ˈɑːrbɑ ɑtsˈətɔ ɔ pŋ tʃj o boɪjˈœrə
Tout le monde en Arbaz achètent le pain chez le boulanger.
œː d ɔ tẽŋ n ɑwˈ y muwˈĩŋ œː mydr ɔ bloː
Euh dans le temps nous allions au moulin euh moudre le blé.

2.1 BionazF:

  • Sujet et régime

k fɪ tsˈaːtə - fɑ aʀʊzˈɪ kʊrtˈɪ
Quand il fait chaud .. il faut arroser le jardin.
ts l ɑː mʊʀdˈɪ lo a la kwˈɪːsə
Le chien il a mordu-le à la cuisse.
d ŋ kˈʊːɔ œɲ alˈɑe i mʊlˈ pə mˈɔʊdʀə lo blu
Autrefois on allait au moulin pour moudre le seigle.
d ŋ kʊː ʏɲˈə ɑtsətˈɑ l fʁomˈɑtso - nɔ lɔ fəzˈ nɔː
Autrefois personne n’achetait le fromage .. nous le faisions nous.

2.2 BionazM:

  • Sujet et régime

pʊlˈʏiː l ɑ tsndˈʊ vˈʏtɔ stɑ mtˈ
Le coq il a chanté tôt ce matin.
w lɑ lˈɔdzə sɛrvəsˈavə pə bətˈɪ stsˈɪ blʊ
Oui la galerie servait pour mettre sécher le seigle.
kã  tsəmˈɛːɛ h - ɕɔlˈŋ kʀˈœːkjə
Quand on marche .. le plancher craque.
ɑː lə mɛɪnˈ vã ja kuʎˈi də bʁœɡaʎˈ p ɑləmˈ lo fɔˈɑ
Les enfants vont loin ramasser (litt. cueillir) des brindilles pour allumer le feu.
ny baʎˈa læɪ də tsˈɪfːlɑ ŋ tsˈɪfːlɑ cjœ l ɑ lɑ mˈarka ɕu l kʲɪ
J’ai donné lui de gifle une gifle qu’il a la marque sur le cul.

3.1 ChalaisF:

  • Sujet

mɔ - vɪzˈɪŋ a m l ɛ ə neɦˈʊk aː ʃɛrmiɲˈ
{Mon/mais} .. le voisin à moi il est euh né à Chermignon.
ɑ pɑn dɛ ʃˈiːʎa l ˈirə bɔŋ hɑ mˈama
Ah le pain de seigle il était bon ah maman!

  • Régime

lʏ mˈɑːʁɛ l  aʃtˈa ʃʊ bɔr d la kˈuksʏ
La mère elle est assise sur le bord du lit.
ɛntʃɛ kwɪn tw ɑtsˈtə bˈuːʁɔ
Chez qui tu achètes le beurre?

3.2 ChalaisM:

  • Sujet

kɔmᵄ ʀɛntrˈav tsɛ taːʁ pˈɑʁ ɕə mcjˈɛvə tɔzˈɔ ŋ kɔlˈɛʁɐ
Quand je rentrais très tard le père se mettait toujours en colère.
ʀɛɪnˈa l ɑ pekˈa dˈawœ zelˈʏnə
Le renard il a mangé deux poules.

  • Régime

ɪ bˈɑjɪ ttˈiŋ a ʃõŋ bu- ɑ ʃɔŋ fˈan
Elle donne le sein* à son bou.. à son enfant.
*[ttˈiŋ] s.m. ‘sein de la femme’ (cf. FQ 1989: 189 s.v. tetin).
dəvˈan - n aliʃˈaŋ ʊ mulˈiŋ pɔː - pɔː mˈudrə blɑ
Autrefois .. nous allions au moulin pour .. pour moudre le blé.

4.1 ChamosonF:

  • Sujet et régime

lɛŋz  d l aʁmʊˈɒʁ
Le linge est dans l’armoire.
k fi tso fo ɑʁoz- aʀdʒjˈə o kʊʁtˈi
Quand il fait chaud, il faut arros.. arroser le jardin.
a ɔ ʁæenˈɑː l a mʏdʒjˈa dˈɐwe dzʏnˈjə
Ah le renard il a mangé deux poules.
tʀɛijˈøː s ɐ ʃtˈo s ɔna ʃez ɛ aʁˈe- a aʁiˈɑ
Le trayeur s’est assis sur une chaise à trai.. à traire.
ɐwˈɪ dˈɛkʏ mʏdʒʲˈvə vɔ ə sosisˈ - dã l t
Avec quoi* mangiez-vous euh le saucisson .. dans le temps?
*[dˈɛkʏ] cf. dèquye, prn. interrogatif ‘que, quoi?’ (Praz 1995: 643).

4.2 ChamosonM:

mɛe pɑʁˈ ɐdzətˈɑᶹ ʒamˈæ oː ʒambˈ - n avəsˈɛ də kaːjˈɔ mˈɪmə
Mes parents achetaient jamais le jambon .. nous avions de cochons mêmes.

  • Sujet et régime

ə mə ɛdzˈøt  laːsˈe ː - ltᵊʀˈɪ
Je m’achète le lait en .. laiterie.
ʁæːnˈɑ l a mëndʒˈa dˈɑwə dzønˈɛje
Le renard il a mangé deux poules.
 ʋwɑ ɔ flœtʃʲˈ de ʋɪˈɑː
On voit le clocher de loin.

5.1 ContheyF:

  • Sujet et régime

d ɔ t - njõ adztˈɑːɑ frɥɪ -   f-  faʒˈːɛ - mˈæjmə
Dans le temps personne achetait le fromage .. on on fai.. on faisait .. mêmes.
ɔ fulˈɑʁ ɛ pfˈɑ ʃʏ ɛ ʒ epˈoːʋ
Le foulard est plié sur les épaules.

5.2 ContheyM:

  • Sujet et régime

dœvˈaŋ n aɪʃˈ ʏ mʊlˈ p mˈøidrə o bvo
Avant nous allions au moulin pour moudre le blé.
pˈaʁë vɪ ce ʃ- nʊ mɛ lœvˈøʃɔ a ʃæɪ ʒ ʴᵊ
Le père veut que s.. je me lève à six heures.
to ɔ mˈɔŋdɔ adzˈøt ɔ pŋ e o bldʒjˈɛ
Tout le monde achète le pain chez le boulanger.

6.1 ÉvolèneF:

  • Sujet

lʏ mtʃˈʊ ɛ pljˈa ʃ l ʒ ëʃjˈblɛ
Le foulard est plié sur les épaules.
lə ʀɛnˈaː a mʏʒjˈa - dˈawə zylˈʏnæ
Le renard a mangé .. deux poules.
vɔ ʃvˈʏːnʏ v deː kˈuntə k nɔ faʒˈe l paʀə ɡrʊ
Vous souvenez-vous des histoires que nous racontait (litt. faisait) le père grand?

  • Régime

t l md atsˈɛt paŋ e l bɔljˈə
Tout le monde achète le pain chez le boulanger.

6.2 ÉvolèneM:

  • Sujet

ʃy la plˈaʃə dʊ ʋʏlˈɑzə le ɛ bɔrnˈe
Sur la place du village il y est1 la fontaine2.
1L’adverbe de lieu [le] ‘là’ fonctionne de manière analogue à y en français, d’où [le ɛ] ‘(il) y est’.
2[bˈɔrne] n.m. ‘fontaine’ (FQ 1989 s.v. bornê).NB. Pour l’ordre des éléments, cf. EvoleneF_Fontaine2Bassins+.
mnd atsɛtˈɑv lø bˈotə ɛ lɔ kɔrdɔɲˈɛ
Les gens achetaient les chaussures chez le cordonnier.
jʏ fo kə l pˈiːʁ ʃə lvˈiɡʃ a ʃi ʒ ʊr dʏmjˈœ
Il faut que le Pierre se lève à six heures (et) demie.

  • Régime

j mˈœtɔ lø pˈomɛ dɛ tˈɛːʁa oːk selˈi dˈɛʒɔ brœl
Je mets les pommes de terre à la cave sous le [brœl]*.
*[brœl] n.m. ‘pilier au milieu de la cave supportant des rayons, pour ranger les fromages et les mettre hors de portée des souris’ (FQ 1989: 42 s.v. breùlo).

7.1 FullyF:

  • Sujet et régime

mə ʃæ tɕɥe ly pjæ
Je me suis tordu le pied.
fʁˈɒʁə ɐ mɛ ɪ vaːjˈæ la b- la ɡalˈaãnə dæ katsˈɔ - kɒ bjoː pˈiʁ - lɛ lãmˈɑʋˈ pᵓɑ
Le frère à moi il voyait la b.. la bonne amie en cachette .. car le beau-père .. l’aimait pas.
i pɔʁt pʏtçjʊ a kəlt
Il porte le petit sur le dos*.
*[kəlt] ‘porter un enfant sur le dos’ (NDPV 1997: 286 s.v. caenton).
fʁɑʁ ɑ mø l a ʃøtəny ʎɪ ʁadikˈo
Le frère à moi il a soutenu les radicaux.
i ʃˈakə pˈœydzɐ
Il suce son (litt. le) pouce.
ʁenˈa l a məndzˈa dˈɔwəː dzʏnˈëjɛ
Le renard il a mangé deux poules.
la bˈuːbə pwæ mœ nə nə ʃ ʃətˈɑɪ d l ˈɛɹbɐ - ʃy l pʁoː
La fille puis moi nous nous sommes assises dans l’herbe .. sur le pré.
l l tɕjʏ kə tˈapa
J’ai le cœur que bat.

7.2 FullyM:

  • Sujet et régime

l tɕjø kə baː
J’ai le cœur que bat.
ɔ ly ne ɪ fˈɑɹmə lɪ pˈɒrtə
Oh le soir je ferme les portes.
a pɔ alˈœ ʃ tˈæʏ dˈɑo pɹ l etsˈëlɐ
Ah pour aller sur le toit je dois prendre l’échelle.
ɪ pˈʊrtə pʏtjˈu ʃy lɪ ʒ ɛpˈɒlɐ
Il porte le petit sur les épaules.
wɛː çjœtsˈœ d fwɔjˈeːɛ - kə l ɑː krˈɛjə trtœdˈʊuː mˈɛːtrə - ᶷ karˈãtə du ʃœ pɑ bj ʃweː ãfˈɛ -  ɪl- ɪl a jyː - bɛ sɥˈerə dɪː dɪ martʏɲˈɛ dɪː dɪ sajˈɔː dɪː sasːˈɔn b syr k  vɑ
Oui le clocher de Fully .. qu’il a je crois trente-deux mètres .. ou quarante-deux je suis pas bien sûr enfin .. eh il il est vu (?) bien sûr de de Martigny de de Saillon de Saxon bien sûr qu’on voit.
pe wɔlˈaɛ tɔtˈɪ kə mə lʋˈɑwaː ɑː ʃaɛ ʒ ˈœøərɐ
Le père voulait toujours que je me lève à six heures.
veʒ adzətˈa lafˈɛ a la lɛtrˈiː
Je vais acheter le lait à la laiterie.
n eɹəsˈ a pɛ- a pˈenœ dʒœ dœ nø ə pʊ pɔ ɑɪtˈdrɛ - fwa
Nous étions à p.. à peine dix de nous euh pou pour éteindre .. le feu.
l ʋəʒˈ l a atrapˈɔː - kˈatrə darˈbŋəː - sə fɔʁtˈɛː
Le voisin il a attrapé .. quatre taupes .. ce printemps.
ʁnˈɑ l a mødzˈa dˈɑw dzənˈɛjɛ
Le renard il a mangé deux poules.

8.1 HérémenceF:

  • Sujet

 ʒ ʃʏnˈi vˈʊə di kˈontɛ kə kontˈaə ɡro pɑːʁ
Vous souvenez-vous des histoires que racontait le grand-père?
mɛ dɐmˈãndə ʃø mjɔ paʁˈ ʃɛ ʃʊˈɛ ŋkwˈɔ dɛ mɛ
Je me demande si le mien parrain se souvient encore de moi.
l mjɔ vʒˈ j ɛ neɦˈu otr a naks
Le mien voisin il est né là-bas* à Nax.
*[otr] ‘outre, là-bas’, adverbe de lieu sans équivalent en français (FB 1960: 360).
frɑr a mɛ vaʒˈ ɛr la drol ŋ katsˈt - paskˈə lœ l bjo pɑːʀ - pwɛ pɒ l kʎerˈiɛ
Le frère à moi allait voir la fiancée en cachette .. parce que le le beau-père .. pouvait pas le voir*.
*[kʎerˈiɛ] cf. kryĕ ‘voir’ (Lavallaz 1935: 347).
ɑ zɔ dʊ patrˈ j ɛ l ʃɪ dɛsˈambr
Ah le jour du patron c’est le six décembre.
a l pˈaʁɛ jo kə mɛ lˈiːɕ a ʃi ʒ owr
Ah le père veut que je me lève à six heures.
l bj fës a mɛ j ɛ kaːrkˈ - fdre k  lə vɛɪjiʃˈɑ
Le beau-fils à moi il est quelqu’un .. il faudrait que vous le voyiez.

  • Régime

ˈaʒʊ lɥɪ twd kˈʊːʎᵉ
Je vais lui tordre le cou.
kã fe tsɐ fo ərʒjˈe l kʊrtˈʏ
Quand il fait chaud il faut arroser le jardin.
 lɔ ve dæ lw klœʃjˈɛ dɛ d ɛrᵋmˈs paskˈe j ɛ - ʃʊrt ɛnˈɑː mi ɛnˈa k lɛ tɪ dɪ ʑ ˈɑːtrə mɪʑˈ
On le voit de loin le clocher de d’Hérémence parce qu’il est .. il sort en haut plus haut que les toits des autres maisons.
t e ɦɔ ɑʃtˈaɛ ʃu ɔ taburˈɛ
{T’es-tu / Tu es-tu} assise sur le tabouret?

8.2 HérémenceM:

  • Sujet

kɑ j ɑ kɔmʃjˈɑ d baʎˈe dɛː de ɡʀˈeːjɔ - l bœtˈaʎɛ ʃ  mətˈʊ a ʃˈɔθa
Quand il a commencé à grêler .. le bétail s’est mis à l’abri.
 ʃalˈ dɛ nɔ j  βrɑmˈm bɑ
Le plafond* de nous il est très bas.
*[ʃalˈ] ‘plafond, plancher’ (cf. FQ 1989: 47 s.v. chalàn).
palˈɛ lɑʃe pa pɐʃˈə na lɛ ʀat ʊ ʀɑɦˈɑː
Le palet* laisse pas passer en haut les souris au raccard.
*[pɑlˈɛ] cf. palètt n.m. ‘pierre plate, de forme arrondie, posée sur une quille, et qui supporte la construction, afin de mettre celle-ci à l’abri des souris; employée pour les greners et les raccards’ (FQ 1989: 152).
l pɑːʁ ʋʊ k m lɪʃ ɑ ʃi ʒ ˈʊrə
Le père veut que je me lève à six heures.
traˈo dɪ f ɛ mɪ pɛenˈɪʋʊ kə ʃɪ dy ʀəkˈɔː
Le travail des foins est plus pénible que celui du regain.
d ˈɑtrə kʊ ɲɔ atsətˈɑɛ də vrɔmˈɑːzɔ - tɔ mˈɔndɔ faʒˈɛʏ mˈmɔ  frɔmˈɑzɔ ɛː ʃɛ mˈɔtː
Autrefois personne achetait de fromage .. tout le monde faisait même son fromage et ses tommes.
l ɑ tstˈa ʋˈɪto l pɔlˈɛ we matˈ
Il a chanté tôt le coq aujourd'hui matin.

  • Régime

tɔ lɔ mn va ɑstˈɑ pɑ ɛ bɔlʒjˈɛ
Tout le monde va acheter le pain chez le boulanger.

9.1 IsérablesF:

  • Sujet

ɪ ʋʏzˈẽ l ɐ prːɛe kˈatᵊɔ dɐrbˈ si fʏrtˈ
Le voisin il a pris quatre taupes ce printemps.

  • Régime

o brɪ õm py pɔʴʈˈaː sːə - so o dzˈɛːʳl
Le berceau on peut (le*) porter sur la .. sur la hotte.
*«On omet le pronom régime le plus souvent dans les patois qui expriment rarement le pronom sujet» (Marzys 1964: 57-58).

9.2 IsérablesM:

  • Sujet

ɪ rɛenˈaː l a mˈe- mndʒʲˈa dˈaʊ dzʏnˈəl
Le renard il a man.. mangé deux poules.

  • Régime

 v ɔ θɔ- θɔtʃjˈɛ dɪ vɪː
On voit le cl.. clocher de loin.

10.1 La Chapelle-d’AbondanceF:

  • Sujet et régime

sys paˈæᵈz
Il suce le pouce.
jæ əl va dj θã
Elle elle va dans le champ.
l vzː ɑ pʁˈɛːɛ katʁˈə daʁbˈ s pʁ- si fɔʁˈi
Le voisin a pris quatre taupes ce prin.. ce printemps.
ʁnaː a mzˈa dˈaw pɔlˈajæ
Le renard a mangé deux poules.
kt i f θoː fɔ mˈɛtʁɛ d ˈwe j l kɔʁcˈi
Quand il fait chaud, il faut mettre d’eau dans le jardin.

10.2 La Chapelle-d’AbondanceM:

  • Sujet et régime

bɛ j ɛ lu mɑʃ - lu pjˈɛʀə mɑʃ - lu pjˈɛʀə mɑʃ
Eh bien c’est «le Maxit» (rire) .. le Pierre Maxit .. le Pierre Maxit.
ʁnɑ bɑ dɑw ʋɔlˈaje - dˈɑwə pɔlˈaje wɛ
Le renard bat deux volailles .. deux poules oui.
ɛ kɛʁ k bɑ
J’ai le cœur que bat.
pwɛː l pɑp ɪʁə ɡrˈðə kt  vnˈivɛ - kã t  rtʁˈav tɑː la neː - pɪ la mˈaːmə ãkɔ piː
Puis le papa était grinche quand on venait .. quand on rentrait tard la nuit (rire) .. puis la mère encore pire.

11.1 LensF:

  • Sujet

ɔ ʋɔ ʃɔʋënˈʏ beŋ diː kˈʊnt k pɐrø ɡraŋ kʊntˈa
Vous vous souvenez bien des histoires que le père grand racontait.

  • Régime

kã fe tsaːt fa erʒjˈɛ lɔ l kʊrtˈʏ
Quand il fait chaud il faut arroser le le jardin.
vɔ - alˈaː - ɛ l mœdʏsˈeŋ
Vous .. allez .. chez (litt. vers) le médecin.

11.2 LensM:

  • Sujet

œ ʀenˈar nʒ ɑ m- pʏkˈæ dˈɑwë zølˈønɛ
Le renard nous a m.. mangé deux poules.
ɐlˈʁ ə nõ ə mɛ ɛ ʑãm brɪɡˈɛt
Alors le nom à moi est Jean Briguet.
l pˈɪro ʋut ke ʃɔrtˈɛʃ a ʃi ʒ ˈurə
Le père veut que je sorte à six heures.
tsat nɔ fə- nʒ a fe ʃːi ptˈek
Le chat nous f.. nous a fait six petits.

  • Régime

atsˈtɔ lasˈe a la lɛterˈik
J’achète le lait à la laiterie.

12.1 Les MarécottesF:

  • Sujet et régime

lˈːdzʏ l  d l bufːˈə
Le linge il est dans l’armoire.
 vˈɛɪ kltʃˈɪɛ dɛ lʊˈ
On voit le clocher de loin.
tsapˈe l  nˈi
Le chapeau il est noir.
d ˈatʀə ku n alˈɑv ø mulˈ pɔ mwˈœødʀ blo
Autrefois on allait au moulin pour moudre le blé.
l mwɛdʒʲˈœː ʃə ʃ ə ʃətˈo ʃy la ʃˈaʀla
Le trayeur se s’est assis sur la chaise à traire*.
*Selon Müller 1961: 174, la brll est un tabouret à un pied, la šarlᵃ a trois pieds. Selon notre témoin masculin des Marécottes, [ʃˈaʁlə] sert actuellement de terme générique (un ou trois pieds), alors que brll désigne spécifiquement le tabouret à un pied.
v ʃwəvenˈi vʊ - di kˈɔŋtə kʏ faʒˈɛ lᶷ pˈeʁ ɡʀˈ
Vous souvenez-vous .. des histoires que racontait (litt. faisait) le père grand?
tɥi l ɑtsˈət lø pŋ vɛ bɔldʒˈɪ
Tous ils achètent le pain chez (litt. vers) le boulanger.

12.2 Les MarécottesM:

  • Sujet et régime

pˈaʁɛ vɛʁ nøʊ vlˈ tdzˈœ kə ʃˈɛjɪ lɛvˈo a ʃɪɛ ʒ œøʁ
Le père vers nous (=notre père) voulait toujours que je sois levé à six heures.
ʃ v ʋəlˈe pɐʁtˈi ɐ la mtˈaɲə dəmˈã matˈ ʋʊ fo ʋ lʋˈɑ dəv dz
Si vous voulez partir à la montagne demain matin il vous faut vous lever avant le jour.
la mˈɑmɐ ʃ ə ʃøtˈajʏ ʃy ʁəʋˈ də la cʲˈœøtsɛ
La maman s’est assise sur le bord du lit.
mwɛjˈœː ʃ  ʃtˈoʊ ʃy na ʃˈaʁlə - a mwˈɛdrɛ
Le trayeur s’est assis sur une chaise .. à traire*.
*Selon Müller 1961: 174, la brll est un tabouret à un pied, la šarlᵃ a trois pieds. Selon notre témoin masculin des Marécottes, [ʃˈaʁlə] sert actuellement de terme générique (un ou trois pieds), alors que brll désigne spécifiquement le tabouret à un pied.
n ˈɛʁ pɑme d jˈɪːɛ - pɔ mʊʁˈɪ fwa
Nous étions pas plus de dix .. pour éteindre le feu.
œːʊ ʃ- l kltɕˈɪë ʃœ vɛ n ɑʁvˈa ɛ mɑʁkˈtɛ l ɛ  li lɪ ʒ afˈeːʁᵉ lɪ k k kɪ kɪ  vɛɪ l prəmjˈ
Euh s.. le clocher se voit en arrivant aux Marécottes c’est un les les choses les que que que qu’on voit le premier.

13.1 LiddesF:

  • Sujet et régime

tsapˈi di z ˈɔmɔ l erɛ ɲ pweː - fˈθˈo y mɛetˈ
Le chapeau des hommes il était noir et puis .. enfoncé au milieu.
pɔ fir ŋ bweʳ lː ʃarpãcˈiʏ krøːz m bədəˈ
Pour faire un bouil le charpentier creuse un billon.
we matˈ j ɪː b- ɪ vʏɹiˈa kurtˈi awˈʏ l pʏtsˈɑ
Aujourd'hui matin j’ai b .. j’ai retourné le jardin avec le piochard.
t mˈŋdə l adzˈɨtə lo pãŋ tʃʏ lo bolɛndʒʲˈ
Tout le monde il achète le pain chez le boulanger.

13.2 LiddesM:

  • Sujet et régime

 ʁenˈa l a myʒʲˈæ dˈɑwə dzʏnˈdɛ
Le euh renard il a mangé deux poules.
mɪ parˈ l astˈɑv pɑ ʒãbˈ n av li kajˈ mˈimwɑ
Mes parents ils achetaient pas le jambon nous avions les cochons nous-mêmes.
a - sy l l tɛj d na - l l tɛj də də də mɛeːzˈõŋ - ə l ə kʊʋˈɛ  liç
Ah .. sur le le toit d’une .. le le toit de de de maison .. euh il est couvert en lauzes.
j ʋ ɑstˈɑ sɑʋˈõ
Où vous achetez le savon?
n ˈer a pˈeːn ɡjʏ ʒ ˈɔmːɔ pʷ tʃɥe fwa
On était à peine dix hommes pour éteindre le feu.
jʏ pˈɔrtə l ɡɑmˈɛ æ ɡaltsˈ
Il porte le gamin à califourchon* sur les épaules.
*[ɡaltsˈ], galətson, variante de kalintson (également relevé à Liddes), est attesté dans les matériaux inédits du GPSR, dans la locution a galətson ‘à califourchon’.

14.1 LourtierF:

  • Sujet

ø tsɛ æ ʃaː - f i bɛjˈï bˈɑɛ
Le chien a soif .. il faut lui donner boire.
œ ʁeːnˈa æ mzjˈæ dˈɑwe dzʏnˈël
Le renard a mangé deux poules.

  • Régime

œ mj fɹˈa - a ʃtənˈyə - ø kəʃjˈe di blæã
Le mien frère .. a soutenu .. le conseiller des blancs.
wɪ matˈ j ɪ pytsjˈæ œ z- kuʀtˈɪ awˈɪ ø pətsˈɑː
Aujourd'hui matin j’ai bêché le z.. le courtil avec le piochard.
ɕy tʏ vɛẽ anɛn tø vaʁˈi ə m bjo fɹˈaɛ
Si tu viens ce soir tu verras le mien beau-frère.
ɪ zø də fˈiːtɑ jø mˈøtøːə o kstˈymə pɔ alˈa  mɕ
Les jours de fête je mets le costume pour aller à la messe.
k fi tsoː - fo mˈoje - kʊːʁtˈi
Quand il fait chaud .. il faut arroser .. le jardin.

14.2 LourtierM:

  • Sujet

ʁeɪnˈa a mʏzjˈɐ dˈɑwə dzʏnˈølːɛ
Le renard a mangé deux poules.
dzø kʲø ë ʋjɐtsᶦ ɪ - ki ʏ ʋˈɐtsə ʋʏɲ bɒ ɐ mːtˈæɲ ë ø dᶻ dy dˈʋtˈi
Le jour que les viaches .. que les vaches descendent de l’alpage (litt. viennent bas l’alpage) est le jour de la désalpe*.
*[dˈʋtˈi] n.m. ‘désalpe, descente de l’alpage à la fin de la saison’ (Bagnes; cf. GPSR 5/2: 596a s.v. dévèt).

  • Régime

ʏ t d ʏn jaːᵈz œn ɐl ʏ mʊlˈẽ pʷ mˈədɹ ø bloː
Au temps d’une fois on allait au moulin pour moudre le blé.
d œ tː ɲ ɐdzɨtˈaœ fɹwɪː - n ʊ fɐʒɛẽ mˈɛẽmoɔ
Dans le temps personne achetait le fromage .. nous le faisions (nous-)mêmes.
pɔ ɐlˈa øenˈ ɕᵘ ə tˈɑe j pɹʒ yn etsˈiːɐ
Pour aller en haut sur le toit je prends une échelle.
j ɪ ʏˈëʒø tɥˈɛdr ɔ ku
Je vais (lui) tordre le cou.
eː s œ bɹkˈʊ pɪˈæ
Il s’est cassé* le pied.
*[bɹkˈʊ] cf. brək ‘mettre en morceau, dépiécer, briser’ (GPSR 2: 759a), se brək on bri ‘se casser un bras’ (VLourt.).

15.1 MiègeF:

  • Sujet

ᶹɔ rapɛlˈa vɔ ŋkˈɔr dɪ ʒ iʃtwˈere ke kɔntˈɑʋe ɡro
Vous rappelez-vous encore des histoires que racontait le grand-père?
ly tsĩː ɪj a ʃit - fa li bajˈe a bˈiːrɛ
Le chien il a soif .. il faut lui donner à boire.
ʎʏ vʏʒˈ a mɛ j ɛ nekˈʊ ɑ mntanˈa
Le voisin à moi il est né à Montana.

  • Régime

j e kuːr cə tˈapɛ
J’ai le cœur qui bat.
dɛ l atrˈɪ kɔtˈe n alœm ba ɑw ɪj ɑ lo ʃolˈeɪ
De l’autre côté nous allons bas où il y a le soleil.
k fe tsaːt  fɑ ɛrzjˈe l kʊrtˈɪ
Quand il fait chaud il faut arroser le jardin.
bẽ ɔ - nɔ vˈɛɪən dɛ lɥ kjɔsjˈɛr
Ben le .. nous voyons de loin le clocher.
k lɐʋitˈ lɐ - k n laʋitˈ l lˈŋzɔ d lɔ t n ɐvitm pa də maʃˈinɛ irɛ tɔt ab - avˈ awˈi l bri - na nɔ kwiʒitˈ ŋ kʊʒˈɪnɐ n alitˈŋ lɑvɑ oː - rsjˈe o bwi
Quand lavions le .. quand nous lavions le linge autrefois nous avions pas de machines c’était tout ab.. avec avec les bras .. non nous cuisions en cuisine nous allions laver au .. rincer à la fontaine.

15.2 MiègeM:

  • Sujet et régime

tɪ d la miʒˈ lɑʃə pɑ pɑʃˈɑ l ˈiwːɛ
Le toit de la maison laisse pas passer l’eau.
pˈʊrtə ɡamˈ ʃʊ le ʒ ɕˈɛbl
Il porte le gamin sur les épaules.
l ʁœŋnˈar ɑ m- pekˈa dˈawø zlˈinɛ
Le renard a m.. mangé deux poules.
e vŋ ɑ prˈɛnd dḍzʊnˈɑ
Elles vont prendre le déjeuner.
pɹ ɐˈə ʃɹ l tit pɹ- pɹˈʒo on eʃˈɛlᵊ - ø - øn etɕˈɛla
Pour aller sur le toit je pre.. je prends une échelle .. une .. une échelle.
lo pˈɑɹø vu- ʊʎˈɛvë kə -  ʃë lɛvˈɑːvɛ tɔzˈɔr a ʃi ʒ ˈʊːɹɛ
Le père vou.. oulait que o.. on se levait toujours à six heures.
l plˈtˢ j a tsantˈɐ d b mɑteˈ
Le coq il a chanté de bon matin.
l dʊ vjʊ ʃ ɑ ʃtˈᵍ - ʃu l ban dʋˈã la mɪʒˈ
Les deux vieux sont assis* sur le banc devant la maison.
*[ɑ ʃtˈᶢ] loc. adv. ‘assis’ (cf. GPSR 1: 104 s.v. achèt, GPSR 2: 48 s.v. a sətn et GPSR 2: 563 s.v. bòtsn).
fornˈe esdˈave bŋ
Le fourneau chauffait bien.
ː vɪ klɔʃjeˈɛɹ dœ løˈ
On voit le clocher de loin.
l veʒɛˈŋɐ j ɛ j ɛ pa dɛ ʃeː ɪ d mntˈna
Le voisin il est il est pas d’ici il est de Montana.

16.1 MontanaF:

  • Sujet

n ɑtsɛtˈɑn pa lɛ bˈɔtɛ - ˈirɛ lʏ kɔrdɔɲˈe kʏ lɛ fɑʒˈi
Nous achetions pas les chaussures .. c’était le cordonnier que les faisait.
œ ː bwɛbˈɛt ʃ ɛ brikˈɑ lɑ tsˈamæ
Euh le petit garçon s’est cassé la jambe.
l ʀeŋnˈar j a pekˈa dˈawə zəlˈʏnɛ
Le renard il a mangé deux poules.
 pɥi l pɑtrˈŋ - k  fe l- fɑʒˈẽŋ lɔ tɔr dʊ vʏlˈɑz ɑrˈi tɔ lu mˈndɔ vɑn
Et puis le patron .. qu’on fait l.. nous faisons le tour du village évidemment tout le monde vont.

  • Régime

ə n ẽ fɑlˈʊp ɑbˈɑtrə ʃɑ ʒ ˈaːbrœ l dʊ bis
Euh nous avons dû* abattre sept arbres le long du bisse.
*Emploi personnel du verbe «falloir»; cf. carte n° 71120.
tɔ lʏ mn ɑtsˈœtœ pŋ ve l bʊlˈɛr
Tout le monde achète le pain chez le boulanger.

16.2 MontanaM:

  • Sujet

l ɡreːnˈi i ɛ pʊ tənˈiŋ lɔ - lɔ bla k õn a batˈup
Le grenier il est pour garder le .. le blé qu’on a battu.
vʏʒˈeŋ ɪ  nːɛ- nɛʃˈup ɑ mjˈɛzɔ
Le voisin il est né.. né à Miège.

  • Régime

kʎʃj ŋ vɪ d lʏˈẽŋ
Le clocher on voit de loin.

17.1 NendazF:

  • Sujet

i vøʒˈœ a mœ ɛ ne bɑ knt
Le voisin à moi est né en bas à Conthey.
ɪ ʁœnˈɑː a mỹndʒˈa dˈawø dzənˈœlɐ
Le renard a mangé deux poules.

  • Régime

ː dzö də fjˈetə mat o kutˈ pr aː a mɛʃ
Les jours de fête je mets le costume pour aller à la messe.
t ï tʏ ʃətˈaːɛ ʃ tɑburˈø
{T’es-tu / Tu es-tu} assise sur le tabouret?
ɪ mˈamə ʃ ɛ ʃtˈaɛ ʃ ʊ - ʃ ɔ ʁuwˈ dy jœ
La maman s’est assise sur le .. sur le bord* du lit.
*[ʁuwˈ] n.m. ‘bord, rebord’ (Praz 1995: 523 s.v. rouon).

17.2 NendazM:

  • Sujet

p fer ː bwi i tsɛpɥˈi əː krˈœʊʒə dərˈ  bəlˈ
Pour faire une fontaine, le charpentier euh creuse dans un billon.
ɪ tsɪnˈi arˈʊ ɛnˈɑ -  n  pɑ ʃw ə ᵗsɪnɪˈe
Le brouillard arrive en haut .. oh nous avons pas souvent le brouillard.

  • Régime

i pɔrt o kurˈɛ a karkalˈ
Il porte le gamin à califourchon sur les épaules.
dərɔ t  wɐʒˈe u muˈ pʊ mːdr ɔ blɑ
Dans le temps on allait au moulin pour moudre le blé.
pɔr nˈa ʃʊ ø tˈeɪ prˈːʒö - un etɕʲˈeːjə
Pour en haut sur le toit je prends.. une échelle.

18.1 OrsièresF:

  • Sujet et régime

ly mˈːtʁə s ɛ ʃɛtˈʊə sy la bantsˈtːɐ
Le maître s’est assis sur la banchette.
kʰɐ l aʀəvˈawʏ - tʀæ tɑ - pˈɛʁə fazˈe bʀʊ
Quand j’arrivais .. trop tard .. (rire) le père faisait vilain*.
*[bʀʊ] ‘vilain, laid, violent’ (cf. GPSR 2: 815s.).
lø f- fulˈa l ɛ mɛtˈy  pwˈːtə sy li z epˈɑːl
Le f.. le foulard il est mis en pointe sur les épaules.
l i kntˈo na dẓˈnæ deː - d iʀɔndˈɛle nˈɑ sy fi
J’ai compté une douzaine de .. d’hirondelles en haut sur le fil.
ʁenˈɑ l a mydʒjˈa dˈawə dzynˈʏdə
Le renard il a mangé deux poules.
mˈɛt kɔstˈym pʷɔ ælˈæ æ lɐ mˈesːɑ - p ælˈæ ɐ la ɡʀã mˈɛsːə - li z dë fˈitːɐ
Je mets le costume pour aller à la messe .. pour aller à la grand-messe .. les jours de fête.
kæ fɪ tsɑ f ˈɛʁdʒy l kuʁtˈi
Quand il fait chaud, il faut arroser le jardin.

18.2 OrsièresM:

  • Sujet et régime

mam s  ʃtˈɑjɛ sy ly b d læ cˈøːtsᵊ
Maman s’est assise sur le bord du lit.
p ˀalˈe ɕy ta - bɛ fɔ avˈæʁ ˈnə nõz etʃjˈelɐ
Pour aller sur le toit .. eh bien il faut avoir une longue échelle.
vʏzˈ l a pɥijˈa kˈatʁə daʁbˈ s fɔʁtˈ
Le voisin il a attrapé quatre taupes ce printemps.
l i ktˈo ˈna dzˈãn dɛ lãdˈɔlə sy - fï
J’ai compté une douzaine d’hirondelles sur le .. fil.
 vˈɑœ fœjtɕˈe dɛ jʏˈ
On voit le clocher de loin.
adzˈɪt tʃɥɪ lʏ p tʃə l bɔldʒˈe
Achètent tous le pain chez le boulanger.
ʁenˈa l a mʏdʒjˈa dˈawə dzønˈølᵈə
Le renard il a mangé deux poules.
l dəmstˈik s ɛ ʃœtˈ sy la ʃˈaʁlə puʁ ɑʁiˈe
Le domestique s’est assis sur la chaise à traire pour traire.

19.1 St-JeanF:

  • Sujet

vɔ vʌ ʒ ʃɔvɛnˈẽ di ʒ - n- di kˈnte kʲə ʀɑkõntˈɑvɛ li ɡrm pɑpˈa
Vous vous souvenez des .. n.. des histoires que racontait le grand-papa?
ə ʒ  dʒjɔn ʃŋ lə rəfɔndʒjˈo pw lʏ ʑ ˈɒtrɪ dʒjn ɲɑ ʃn dɛ muːʃˈɛtɛ adˈn nə ʃɑ pɑ kn l ɛ vʏrtˈɑblɔ
Les uns disent: nous sommes les «Rétorqueurs»1 puis les autres ils disent nous sommes des «Boudeurs»2 alors on sait pas lequel il est le véritable.
1«ceux qui veulent avoir le dernier mot».
2litt. «ceux qui font la moue» (se dit surtout d’enfants).
tsapˈe ʃiɹɛ œ l œnteriˈʊ dɛ pał trɛʃjˈai ɛ pwɛ l a lœː l vɛłˈuk l dɛʒˈɔt ɛ l ɹiᵍbˈ
Le chapeau était euh l’intérieur de paille tressée et puis il a le le velours le dessous et le ruban.
l fʊɡdˈɑ l ɛh  ʃˈɛja ɛ l ɛ brɔdˈɑ
Le tablier il est en soie et il est brodé.
lə rœvˈœł ʃˈɔnːɛ - ʃˈŋnɛ sĩŋ mɪnˈutɛ dɛvˈ la dʏmiˈɛ
Le réveil sonne .. sonne cinq minutes avant la demie.
tɔ lɔ mˈndɔ l atsˈɛtɛ lɔ pŋ vɛ lɔ bɔljzjˈɛɐ
Tout le monde achète le pain chez le boulanger.
fʊɡdˈa l œh aˈʊ bj rəpaʃˈɑ
Le tablier il a été (litt. il est eu) bien repassé.
ʏ tsiŋ a - l a mwɛːʃa - ɛŋ ɐː la kʊːʃ
Le chien a .. l’a m.. mordue .. en euh .. la cuisse.

  • Régime

ɛ lɛ paɪʒˈ trˈɛen lɔ fwɛŋ ɛ lʊ ə l fᶷ- l feŋ ʃu la lwˈezə u bĩŋ s- ʃɔvˈɛn pˈort ʃu la ˈteːha
Et les paysans traînent le foin euh le euh le f.. le foin sur la luge ou bien s.. souvent ils portent sur la tête.
lʏ mˈaːrː ʃ  - ʃ hah- aʃtˈa h lo bor dʊ bis
La mère s’est .. s’hah.. assise sur le bord du bisse*.
*bisse: «lit» a été pris dans le sens de ‘lit du bisse’ (canal d’irrigation). Au moment de l’enquête, le malendendu nous a échappé.
dɛvˈan nɔ prʒˈẽŋ tɔzˈ kɔrdɔnjˈɛ a - ɑ miʒˈ - pwø vʏ prʒʲˈɛ mɛʒˈura a - a la famˈɪł - pwɛ faʒjˈɛvɛ lɛ bwˈɔtɛ ntʃˈɛ nɔ
Autrefois nous prenions toujours le cordonnier à .. à la maison .. puis il y prenait mesure à .. à la famille .. puis il faisait les souliers chez nous.
lɛ do vjo ʃə ʃɔn aʃœtˈa ʃu l bŋ dʋ la miˈ
Les deux vieux se sont assis sur le banc devant la maison.

19.2 St-JeanM:

  • Sujet

ly tɪ d la miʒˈ ø lˈɑːʃə pa paʃˈa - lɑ plɔẓ
Le toit de la maison il laisse pas passer .. la pluie.
lʏ puk l a tsɑntˈa də bɔŋn ˈɔʊra wˈɛɪ matˈeŋ
Le coq il a chanté de bonne heure aujourd'hui matin.
lø rɛɪnˈa l a pikˈa dˈawə zəlˈʏna
Le renard il a mangé deux poules.
l bwˈbɔ ʃ e kaʃˈɑ la tsˈmba
Le garçon s’est cassé la jambe.
kˈɔme j rntrˈaʋɔ tɑːʳ - pˈar ʃə mɛcʲˈɛvə tɔzˈɔr ŋ kɔlˈɛrə
Quand je rentrais tard .. le père se mettait toujours en colère.

  • Régime

nɑ - ɕłˈɑ n tsarzˈŋ pɑ ɕu mʊlˈɛtː - lə mɔlˈɛtːə rəstˈɑv o bˈɔʊ - ɛ lɛː ʒ ˈɔmːɔ ʊ lɛ drˈɔlɛ pɔʀtˈɑv lɔ fɛ
Non .. ici nous chargeons pas sur le mulet .. le mulet restait à l’écurie .. et les hommes ou les femmes* portaient le foin.
*drôle, drlo IV.2° s.f. ‘femme en général, épouse’ (GPSR 5/2: 979).
lʏ mˈaːrə ʃ  aʃətˈaɪ ʃu bɔʀ dɛ la kʊksᵊ
La mère s’est assise sur le bord du lit.
j e kɔntˈɑ ʊnɐ dɔzˈŋnɐ d irndˈɛlə ʃu ł fik
J’ai compté une douzaine d’hirondelles sur le fil.

20.1 SavièseF:

  • Sujet

i bˈɔsə l  kaʃˈa a tsˈãːmbe ɪ maːrtʃ awe ɪ kruʃ
Le garçon* il a cassé la jambe il marche avec les béquilles.
*[bˈɔsə] s.m. ‘garçon’ (FB 1960: 91 s.v. bse).
ɪ bwœn  l s ømpɔrtˈ pɔr nɔ - nɔ ʃɑlˈ ɑwˈɛɪ tøt ʏ søsjetˈeɪ ɕwetˈɑ o bwɛn  a tɔt ɐ pɔpɔaɕjˈŋᵍ
Le Nouvel-An c’est important pour nous .. nous sortons avec toutes les sociétés souhaiter le Nouvel-An à toute la population.

  • Régime

ɔˈɛɪ apɹˈ ø denˈɑ fˈɑʒ ttˈ ɑː -  lopˈe
Oui après le dîner je fais toujours la .. une sieste*.
*[lopˈe] s.m. ‘petit sommeil pendant le jour’ (cf. FB 1960: 312).
t ë tœ ɐʃtˈa ʃʊ œ tɑbuɹˈe
T’es-tu assis sur le tabouret?
ɔˈɛɪ deˈ ː -  fˈn ʋɐʒm bujˈa ɔ wenz aː - a ɑː fɔntˈɑŋ dʊ ʋɔˈɑːzə ʃ  t a dɪ dr u buˈɪ
Oui autrefois les .. les femmes allaient laver le linge à .. à la fontaine du village c’est-à-dire dans* le bassin.
*[dr] prép. ‘dans’ (cf. FB 1960: 205 s.v. deṛn).
hœ k f tsɑ fɔ œɹdʒj ʊ kurtˈi
Oui quand il fait chaud, il faut arroser le jardin.
ɪ pʊrt o ɡɑmˈ inˈɑ ʃ ø ʒ eɪtɕjˈeblɛ
Il porte le gamin en haut sur les épaules.
vˈɑːʒo ʏte tɥɛdɹ ɔ
Je vais lui tordre le cou.
m na brˈʏkɐ d ˈeʷə dr a kyvˈetɑ pɔ ts
Mets un peu1 d’eau dans2 la cuvette pour le chien.
1[brˈʏkɐ] s.f. ‘petit morceau, petite quantité’ (cf. FB 1960: 100 s.v. brca).
2[dr] prép. ‘dans’ (cf. FB 1960: 205 s.v. deṛn).

20.2 SavièseM:

  • Sujet

m pa- ɛː i pˈaɹə wi ce mə d- desønˈëʃə a ʃi ʒ ˈuɛ
Mon père.. euh le père veut que je me ré.. réveille* à six heures.
*[desønˈëʃə]: cf. désón ‘réveiller’ (FB 1960: 207).
ɪː - ɪ tɪ d mjëᶾ ˈɑʃə pɑ pɑʃˈɑ a ˈeɪʋʷɐ
L.. le toit des maisons laisse pas passer l’eau.

  • Régime

pɔ ënˈa ʃʊ ø t pʴᶾ n etɕjˈwa
Pour en haut sur le toit je prends une échelle.
pənˈe ˀʏ - pen k atˈʒø e ɪ tsapl ʊ pti bo
Pendant euh .. pendant que j’attends eh je coupe le petit bois.
e ɪ ʃwʏʃ o pʊˈdzo
Il il suce le pouce.
i ktˈa nɐ dzˈãnæ d ɛdˈʊə enˈa sʊ fi dː eːwʏtiɕitˈe
J’ai compté une douzaine d’hirondelles en haut sur le fil de l’électricité.
ɛ ɡamˈ amˈɑʃ ː -  ʒ ãfã amˈaʃ ː - eː - a brˈokɐ pɔ  - pwaʋ œmprˈɛn ɔ fwa
Les gamins amassent les .. les enfants amassent les .. les .. la [brˈokɐ]* pour en.. pouvoir allumer le feu.
*[brˈokɐ] s.f. ‘branche de sapin sèche’, souvent avec un sens collectif (cf. FB 1960: 105 s.v. brca).
t e t ɐʃtˈa ʃʊ tabuʴˈɛː
{T’es-tu / Tu es-tu} assise sur le tabouret?

21.1 SixtF:

  • Sujet et régime

əɛ e θeːnˈeɪ kʲ avˈɛ  ɡr mulˈː - n alˈav av la kavˈalɐ pɔʁtˈe blaː e  rəvnˈɪv ɑv la faʁnˈa - e la krˈyθə
Ah aux Chênaies il y avait un grand moulin .. on allait avec la jument porter le blé et on revenait avec la farine .. et le son.
θæ l a mr ɑ la kˈyhɑ
Le chien l’a mordu à la cuisse.
kɔstˈym de hɪzˈɛrə - lø fɔdˈɛrɛ ɛt  swe ɔʋ na bɔʁdˈyʁə - la bɔʁdˈyʁ dy dəzˈɔ alˈɑv sɔvˈ av la kolˈɔː dy f- ɛ dyː - dy mɔθˈɔ - e lʊ dy ecjˈ  swe
Le le costume des Sizères .. le tablier était en soie avec une bordure .. la bordure du dessous allaient souvent avec la couleur du f.. du .. du foulard .. et les deux étaient en soie.
ð l tˈɑ j ɑlˈɑv ə mulˈɛœ pə pe pə fˈarə œ mˈɔdʁə lə blə- bla - e no nˈʏtʁə ʒɛnɛrasjˈ - j ɛvˈɛ pɑme de mulˈ  ɦɪ - n alˈavə  - kɔtˈe t səmwˈ kɔm s ɛ- e θenˈe
Dans le temps on allait (litt. ils allaient) au moulin pour pour pour faire moudre le le mle.. le blé .. et nous notre génération .. il y avait plus de moulin à Sixt .. on allait euh .. à côté de Samoëns comment c’é.. aux Chênaies.
ɑ bɛː vwazˈ θ le je vɑ ɑlˈeː fɑʁ dy bwe d la fɔrˈe
Ah bien le voisin ici-là il va aller faire du bois dans la forêt.
kã t ɪ fɑ θo fɔ ɑʁɔzˈe - kuʁtˈɪ
Quand il fait chaud il faut arroser .. le jardin.
a ʁnɑ m a mðjɛ dɔv pʎˈɑʏ  ne
Ah le renard m’a mangé deux poules hier soir.
ɑ b sta ne d vɛ mðɪ d la spˈɑːə - ɑvə mɔsˈe d fʁwɪ dəðˈ
Ah ben ce soir je vais manger de la soupe .. avec le morceau de fromage dedans.
ɛ b n alˈav ɐθtˈe l lɐfˈe v la fœʁtˈɪːrə
Et bien on allait acheter le lait vers la laiterie.

21.2 SixtM:

  • Sujet et régime

ð æ kyʀ kə pɪt
J’ai le cœur qui bat.
j avɛ de ð d vjˈaːðə kə savj tɛʀvənˈi s avær fˈoːtə d  veterinˈɛʁ pe seɲˈi la bˈːθə pe laː - pë la səɲˈi kʲə
Il y avait des gens dans le village qui savaient intervenir sans avoir besoin d’un vétérinaire pour saigner la bête pour la .. pour la saigner quoi.
ha ʁna a mðˈiɛ dɔ pɔlˈaʎɛ
Ah le renard a mangé deux poules.
l θʱɛ ə fe lu pˈu j  n a fː ɦi
Le chat a fait les petits il en a fait six.
pɛ alˈeɛ sʏ l tæ - fo kᵊ ðə preɲ l ːθˈælə
Pour aller sur le toit .. il faut que je prenne l’échelle.

22.1 TorgnonF:

  • Sujet et régime

tʃ l a moʀdˈy a la kwˈesə
Le chien l’a mordu à la cuisse.
vɔ ʋɔ z ɑdˈd tˈe lɛɛː l- l z istwˈe k ɪ ʁaktˈevə ɡʀœ
Vous vous souvenez*-ti les l.. les histoires qu’il racontait le grand-papa?
*[vɔ ʋɔ z ɑdˈd] ‘vous vous souvenez’, cf. adonner, adən ‘se souvenir’ (GPSR 1: 127).
ɡɔʀpˈʎ j ɑ ʀɔdzˈe dˈɔvɛ tsɛlˈønːɛ
Le renard il a mangé deux poules.
kaŋ ɪ fe tsɔt ɪ fo ɪvˈe kuʀtˈi
Quand il fait chaud il faut arroser le jardin.

22.2 TorgnonM:

  • Sujet et régime

ɪ pˈɔrtə lo mɪnˈu dəsˈy l z eːpˈolɛ
Il porte le gamin sur les épaules.
blɛtʃˈɔɪ ɪ ʃɛ aʃtˈu dəsˈy l etsˈŋ
Le trayeur il s’est assis sur la chaise à traire*.
*[etsˈŋ] ‘escabot à traire’ (NDPV 1997: 698).

23.1 TroistorrentsF:

  • Sujet et régime

vʊ v svn dɥ - de z istwˈɑʁ kəː ɡʁã paʀeː ʀa- ə - ktˈavɛ
Vous vous souvenez des .. des histoires que le grand-père ra.. euh .. racontait?
e vˈzɔ la tˈɑʁdʁe
Je vais lui tordre le cou.
ka ɑʁevɑ- aʁvˈavɑ  ʁta ɐ lɑ mɑzˈɑ pˈɑʁɛː s bətˈavɛ tʊdzʊ ː ə  ə - l ɑv dʏˈø
Quand j’arriv.. arrivais en retard à la maison le père se mettait toujours en .. il avait colère*.
*[dʏˈ] ‘colère, dépit’ (GPSR 5: 553 s.v. deuil).
ɑwe kje mandʒjˈev v ssisˈɑ
Avec quoi mangiez-vous le saucisson?
nɔ vz tʁɑʋɑjˈ d lə ø - d lː pʁ - pʁɔ
Nous allons travailler dans le euh .. dans le pré .. le pré.
vz ɑlˈɐ ve l metsˈa
Vous allez chez le médecin?

23.2 TroistorrentsM:

  • Sujet et régime

atsˈët tɥy l p - ve bˈoldʑˈeː
Achètent tous le pain .. chez le boulanger.
pˈøʏ a tstˈoʊ - d ˈœʏʀːa si mɑt
Le coq a chanté .. tôt ce matin.
õ jˈadzɔ n ɐlaʋ ø mwʊlˈɛ poː - po fˈɛe la fɑʁnˈ - po mˈœødʁe bðˈoʊ
Autrefois on allait au moulin pour .. pour faire la farine .. pour moudre le blé.
õː jˈaːdzə d ɡʁənˈɑ bətˈæʋã l ɡʁã
Autrefois dans le grenier nous mettions le grain.
l solˈɑ dø pˈɑlːo l e ba
Le plafond de la chambre il est bas.
o θotɕˈe  l vɑ də lwː paskə l eː ˈoʊ -  bʁˈaʋo l e bʁˈaʋo l nʊtʁ
Le clocher on le voit de loin .. parce qu’il est haut .. il est beau* il est beau le nôtre.
*[bʁˈaʋo] ‘joli, beau’ (cf. GPSR 2: 746b).
le - le dz ɐtsetˈaʋã le bˈote ʋe l kɑʁdɑɲˈe
Les .. les gens achetaient les souliers chez le cordonnier.

24.1 Val-d’IlliezF:

  • Sujet et régime

bˈtʰə lɔː ə - la ɡɥiẓ sy l f- sy fwɑ
Je mets le euh .. la marmite* sur le f.. sur le feu.
*[ɡɥiẓ] s.f. litt. ‘fonte’, puis ‘marmite en fonte’.
jɔ atɕˈëtʏ t lu bwˈeʁɔ tœ
Où achètes-tu le beurre, toi?
m fʁˈɑʁeɛ - yza tozʏ sa - sa bʷʊn amˈeʲə  katsˈetə paskə ø paʁ la vlˈa pa
Mon frère .. voyait toujours sa .. sa bonne amie en cachette parce que euh le père la voulait pas.
n eʁ ɑ pˈɛnə dʒˈiə - dɪ z ˈomo pɔ etˈd l fwɑ
Nous étions à peine dix .. dix hommes pour éteindre le feu.
ʁna l a l a mẽdʒʲˈa dˈaw dzynˈœð
Le renard il a il a mangé deux poules.
le dz atsɛatˈʋ le bˈɔtɛ ʋɛ l kɔʁdɔnˈɪ - m pˈaʁɛ l ɪʁ kɔʁdaɲe alɔʁ - n ɑ tuty di dz kə vəɲˈai
Les gens achetaient les chaussures chez le cordonnier .. mon père il était cordonnier alors .. on a tout le temps des gens que venaient.

24.2 Val-d’IlliezM:

  • Sujet et régime

m sa tɑpˈɑ kˈdɔ
Je me suis tapé le coude.
 ʋɑ lœ lœ lœː - ɕetʃˈɪ dœ də də də lɥ
On voit le le le .. le clocher de de de de loin.
v kwa ətsˈete t lu bweˈʁɔ
Vers qui achètes-tu le beurre?
e l kwe kə bɑ
J’ai le cœur qui bat.
ʁna l ɑ mëdʒʲˈa ə dˈæwe dzønˈœð
Le renard il a mangé euh deux poules.
pɔ ɑlˈɛ ɕy l tɑ pʁʒ øn etʃˈila
Pour aller sur le toit je prends une échelle.

25.1 VouvryM1:

  • Sujet et régime

vˈëʒ lɛ majˈe l ku
Je vais lui tordre le cou.
kã m bwˈavə trwa ta lə pˈaʁɛ ɛ ɕ ʁaɡʲe- ɕ ʁadʑˈiv
Quand je me rentrais* trop tard le le père il s’enrag.. s’enrageait.
*[m bwavə] ‘je me rentrais’, cf. emboué ‘rentrer les vaches à l’étable’ (NDPV 1997: 641; FEW 1: 463b; ALF suppl. 78: 965). La forme réfléchie «se rentrer, en parlant d’une vache» est attestée dans le fichier du GPSR, notamment à Val-d’Illiez s.v. inb. Le sens ‘se rentrer, en parlant d’un être humain’ est sans doute analogique.
ʁənˈa l a mïjˈœ ɛː  dˈɑʊɪ dzʏnðe
Le renard il a mangé euh euh deux poules.
 vɛ ø ʃɔɕˈi dœ də lʊˈ
On voit le clocher de loin.
ɕyɡ tɛ d lœ ɡʁz ɛː d - de tʃjˈoːl
Sur le toit de la grange {il est = il y a} des .. des tuiles.
la bɔʁn ʋa œ - pʏ inˈo kə tˈœɛ
Le tuyau de la cheminée va euh .. plus en haut que le toit.
k  maʁɕ pltɕˈi e kʁˈønɛ
Quand on marche le plancher il craque.
tɔ lʊ mˈdə ətsˈete l p œ vɛ l bʊldzˈɪ
Tout le monde achète le pain euh chez le boulanger.

25.2 VouvryM2:

  • Sujet et régime

mʊ parˈ l ɐtstˈav pa l dzãbˈø lø -  dzãbˈ - n avˈɛ lʊ kajˈ se mˈɛmɔ
Mes parents ils achetaient pas le jambon le .. le jambon .. on avait le(s) cochon(s) soi-même.
ɐprˈɛ lœː - dinˈɑ fˈzo nɑ sɪˈɛn - õ sˈonːo
Après le .. le dîner je fais une sien.. un somme.
 wɛ ɦlotsˈɪ dœ dza dəpi j
On voit le clocher de déjà depuis loin.
kã m bwˈaʋo dᵊ trɔ tɑ lə lə l paɹ sɛə sə bwʊtˈavə tɔdzˈɔ ː  kwelˈeə
Quand je me rentrais d trop tard le le père se se mettait toujours en en colère.
*[m bwˈaʋo] ‘je me rentrais’, cf. emboué ‘rentrer les vaches à l’étable’ (NDPV 1997: 641, FEW 1: 463b, ALF suppl. 78: 965). La forme réfléchie «se rentrer, en parlant d’une vache» est attestée dans le fichier du GPSR, notamment à Val-d’Illiez s.v. inb. Le sens ‘se rentrer, en parlant d’un être humain’ est sans doute analogique.
rnɑ m ɑ mdʒʲˈɑ dˈɑwe znˈœᶞœ
Le renard m’a mangé deux poules.
l œ l na vœrɪˈa dʀɛ ɪnˈoː
Elle a le nez tourné droit en haut.